Par Corentin Dattin, consultant senior chez Chefcab

À 300 jours de l’élection présidentielle, Jean-Pierre Farandou est bien décidé à faire des questions d’emploi et de travail un axe fort des débats. Et pour cela, l’ancien président de la SNCF entend s’y engager personnellement. C’est dans les colonnes du Parisien que le ministre du Travail a fait part de son initiative : il travaille à un « new deal sur le travail », qu’il entend soumettre à tous les candidats à la présidentielle. En 2022 déjà, celui qui était alors à la tête de la SNCF soutenait l’idée d’un « new deal en faveur du ferroviaire et des mobilités durables ». Cette fois, l’ambition est d’une autre portée et vise à peser dans les discussions qui animeront les prochains mois autour de la place du travail dans notre société.

«  Le ministre part de deux convictions personnelles. D’abord, que le travail produit les richesses, et qu’il faut créer avant de répartir. Ensuite, que le travail est “un formidable moyen d’épanouissement de l’individu”. »

Le ministre pointe une série de chantiers sur lesquels il entend faire des propositions concrètes : partage de la valeur, modernisation managériale, nouvelles aspirations des jeunes et des seniors, IA, coût du travail… À qui seront destinées ces propositions ? “À tous les candidats que cela intéresse”, dixit Jean-Pierre Farandou. La question du partage de la valeur s’annonce comme l’un des thèmes centraux de la campagne à venir, à l’heure où l’on s’interroge sur l’avenir du financement du modèle de retraite. La loi de novembre 2023 a posé des jalons, mais des progrès restent à réaliser au sein des PME, notamment.

«  Par ailleurs, dans un contexte où la fidélisation des talents demeure un enjeu central des entreprises, placer le partage de la valeur au cœur des débats sur le travail paraît indispensable. »

L’initiative portée par le ministre du Travail se heurtera néanmoins à deux réalités. Réalité politique, d’une part, alors que des visions difficilement conciliables sur le temps de travail, les retraites ou le coût du travail s’opposent de la gauche à la droite du spectre. Réalité budgétaire, ensuite. Aucun “new deal” ne peut espérer porter ses fruits sans consentir à des investissements importants. À entendre la Cour des comptes cette semaine, ce n’est pas le chemin qui se dessine.