Par Léa Trentalaud, consultante senior chez Chefcab

L’objectif plein-emploi appelé des vœux du Président de la République semble progressivement s’éloigner. Selon les dernières données de l’INSEE, le taux de chômage du dernier trimestre s’élève à 7,9%, en hausse de 0,6% sur un an. Loin des 5 % visés par le chef de l’Etat d’ici la fin de son mandat. Une partie de cette hausse est certes imputable aux effets de la loi plein-emploi, qui a rendu automatique l’inscription à France Travail de tous les bénéficiaires du RSA.

«  On estime par ailleurs que deux tiers des emplois détruits entre juin et septembre sont imputables aux restrictions récentes sur l’apprentissage, après un soutien massif au cours des dernières années.  »

Ce décalage entre les objectifs affichés et la réalité des chiffres n’est pas un détail statistique : il traduit une tension persistante sur le marché du travail et un ralentissement du dynamisme économique.

«  Dans le même temps, le tissu productif français est fragilisé, avec un niveau de défaillances d’entreprises record  en 2025 – il a atteint 68 650 – et des prévisions peu optimistes pour 2026, avec 69 000 prévues par BPCE en 2026 .  »

Dans ce contexte économique atone, complété par des finances publiques dégradées, l’effort doit être tourné vers l’activation du marché du travail, cela passe notamment par le renforcement de l’employabilité des publics éloignés de l’emploi, par un meilleur accompagnement des transitions professionnelles face aux mutations du marché du travail, et un alignement des formations sur les besoins réels des entreprises.  Parallèlement, la stabilité politique et la visibilité économique constituent des facteurs indispensables à la reprise de l’emploi.

Le secteur des énergies renouvelables, pourtant central pour la décarbonation et la compétitivité de notre économie, a récemment traversé de fortes difficultés, en grande partie en raison du manque de clarté et de visibilité autour de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie, longtemps retardée et qui a freiné les investissements et les créations d’emplois. Ce manque de direction a pesé sur la confiance des acteurs économiques dans un secteur pourtant essentiel à la transition énergétique et à l’indépendance de la France.

«  Si la PPE a enfin été publiée, le gouvernement doit maintenant faire primer la visibilité et l’emploi sur les considérations politiciennes, afin de consolider ces filières clés pour l’avenir . »

Et si le pays semble avoir regagné une certaine stabilité politique après plusieurs mois d’instabilité gouvernementale, l’élection présidentielle de 2027, suivie des élections législatives, va à nouveau rebattre les cartes et amplifier les incertitudes pour les entreprises et les investisseurs.


À l’aube de la prochaine échéance électorale, ce contexte économique difficile ne peut plus être traité comme une variable d’ajustement. Il appelle une politique économique qui ne se contente pas de gérer les symptômes, mais qui relance durablement l’activité, restaure la confiance et prépare notre économie aux défis de demain.